Maintes fois reportée en raison des mesures sanitaires, l’exposition Médias et Sport a enfin ouvert ses portes en mai 2021 au Musée national du Sport à Nice.

Le sport de compétition aurait-il autant passionné les foules sans une presse pour en rapporter le détail des événements ? Les champions auraient-ils atteint leur immense renommée sans le récit des témoins de leurs exploits, c’est-à-dire les journalistes et plus globalement les médias ?

La presse, sous ses différentes formes (l’écrit, le son, l’image), a largement contribué à l’expansion du sport de haut niveau, en relatant avec moult détails les épreuves et leurs résultats mais également en apportant une indispensable dose d’émotion, n’hésitant pas à sortir des trésors de lyrisme pour conter les exploits et renforcer la dimension du champion.

Non contente de relayer l’exploit sans cesse renouvelé, la presse s’est même rendue actrice du mouvement en créant elle-même quelques événements sportifs, le plus notable étant le Tour de France cycliste, fondé dès 1903 par le journal L’Auto-Vélo, futur LÉquipe. Celui-ci embrayera dans les années cinquante en imaginant la Coupe d’Europe de football et en apportant plus globalement son soutien aux épreuves majeures. Aujourd’hui, c’est la télévision qui fait vivre le sport de haut niveau à travers des droits de diffusion toujours négociés à la hausse, en contrepartie d’épreuves taillées sur mesure.

C’est un voyage dans le monde de l’information sportive, sous ses différentes formes, auquel nous invite le musée national du sport à Nice. Tout commence avec la presse écrite qui relate sur un ton exalté, mais parfois très critique aussi, les premières confrontations sportives, où le cyclisme a la part belle. Non seulement les journaux rivalisent d’imagination pour inventer des courses portant leur marque, mais leurs plumes en font tout autant pour décrire les épopées et dresser les portraits des premiers champions.

C’est ensuite le son qui prend le relais de l’écrit avec les premières retransmissions radiophoniques, parfois dans des conditions très sommaires. Le récit transmis en direct apporte avec lui une nouvelle forme d’émotion, plus immédiate, les pionniers de la voix se montrant aussi dithyrambiques que ceux de la plume.

On passe ensuite à l’image. Celle, figée, de la photographie, qui trouve un terrain de considérables progrès techniques pour capter les expressions du mouvement et de l’effort. Longtemps la photo, très onéreuse, a laissé place au dessin, qui plus qu’une simple illustration donnait à sa manière la vision de l’événement.

Puis on passe à l’image animée, celle des premiers écrans de la télévision et des commentateurs passionnés qui racontent ce que l’on ne voit pas toujours, et qui forment le téléspectateur à la vision du spectacle sportif.

Enfin, le récit sportif passe ces dernières années en mode multimédia, apportant l’information par ordinateur sur une multitude de supports, écrits, audio, vidéo mais aussi graphiques avec foison de chiffres pour conquérir l’univers numérique. L’information y est brute, directe, massive, de plus en plus interactive, peut-être trop souvent livrée sans le filtre de l’analyse, mais ou chacun d’entre nous peu devenir un peu journaliste ou du moins chroniqueur.

Le visiteur de l’exposition est ainsi plongé dans ces différents univers, où l’on rend surtout hommage aux hommes, les journalistes, les radio-reporters, les commentateurs, les photographes, les dessinateurs, mais aussi les artistes et écrivains venus apporter leur concours. Toutes ces plumes, ces voix, ces silhouettes sans qui l’exploit sportif n’aurait sans doute pas aujourd’hui la même saveur.

Quelques pièces nous invitent à retrouver les frissons de grands moments commentés, en radio comme en télévision, une sorte de patrimoine audio-visuel inscrit dans la mémoire collective et sans qui, finalement, le sport de haut niveau n’aurait pas la même dimension.

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