Le dessinateur nantais Jean Graton (1923-2021) est le père du plus célèbre des héros sportifs de la bande dessinée, Michel Vaillant.

Il y a des choses qui ne s’inventent pas : Jean Graton est né en 1923, l’année des premières 24 heures du Mans. C’est le 10 août précisément qu’il voit le jour dans la bonne ville de Nantes. Fils unique, il est très tôt imprégné de culture sportive motorisée grâce à son père, organisateur de courses au sein du Club Motocycliste Nantais.

Une jeunesse nantaise

Le petit Jean perd sa mère dès l’âge de onze ans et suis donc son père dans toutes ses activités. Il découvre les 24 heures du Mans à l’âge de quatorze ans. La deuxième guerre mondiale lui arrache son père et le garçon de seize ans se retrouve seul. Il trouve du boulot aux chantiers navals, obtient un CAP d’ajusteur, mais ne s’épanouit pas vraiment dans ce monde infesté de petits contremaîtres rancuniers.

C’est en 1947 qu’il quitte Nantes pour se rendre à Bruxelles où vit sa tante. Le jeune ouvrier a en effet décidé de prendre sa vie en main. Ayant quelques aptitudes au dessin, il souhaite se diriger vers une carrière d’illustrateur, de préférence sportive puisqu’il adore dessiner les bolides. Il intègre des agences de publicité puis un journal belge « Les Sports » avant d’être engagé dans l’agence qui fournit ses premières bandes dessinées au journal Spirou. Aux cotés de Charlier notamment, Graton apprend le métier et illustre Les Histoires de l’Oncle Paul. Plus tard, il propose ses services au journal Tintin, l’un des premiers à imaginer un genre nouveau : la bande dessinée sportive.

Première ronde avant le grand défi

« La première ronde » si bien nommée est la première BD dont Graton est l’auteur, dessinateur et scénariste. L’histoire a pour cadre le circuit de Spa-Francorchamps, théâtre des Grand Prix de Belgique de Formule 1. L’univers est posé, reste a trouver un héros. Il s’appellera Michel Vaillant. Celui-ci sera rapidement adopté par les lecteurs du journal Tintin. La première aventure s’appellera « Le grand défi« , bien nommée également. Elle est publiée dans l’hebdomadaire et deviendra un album en 1959.

Plus de soixante tomes suivront, emmenant notre héros dans les circuits mythiques du sport automobile, au Mans, à Indianapolis, à Monaco, et même sur le Paris-Dakar. Le dessin est d’un réalisme poussé à l’extrême, laissant peu de place à l’approximation. Jean Graton passe sa vie dans les circuits, pour y trouver l’inspiration et le trait juste. Il crée d’autres héros, qui se rapprocheront toujours un peu de l’univers du sport motorisé.

Hommage au SNUC

Et Nantes dans tout çà ? Il est difficile de trouver des références à la Cité des Ducs dans l’oeuvre de Jean Graton. Toutefois, si l’on parvient à se procurer l’album « Ca c’est du sport« , un recueil de BD sportives signée par le père de Michel Vaillant et édité en 1956 par Lombard, on y trouve « Le trois-quarts centre ne passe plus » un récit de quatre pages qui se passe dans le monde du rugby et plus précisément au sein du SNUC, le Stade Nantais Université Club. Un collector.

Jean Graton a pris sa retraite en 2004 et ne quitte plus Bruxelles. Michel Vaillant poursuit quand à lui sa route sous la conduite de son fils Philippe Graton, créateur de la maison d’édition familiale et scénariste des Nouvelles aventures de Michel Vaillant. Jean Graton est décédé le 21 janvier 2021.

Sources et inspiration