Fondé en 1994, le groupe AinSophAur est devenu un duo dix ans plus tard. Il poursuit aujourd’hui sa route entre pierres blanches et chants de ruines.

Deux hommes sur scène. Une musique martelée en séquences, parfois lente, parfois lancée sur un rythme effréné, par dessus laquelle une guitare pose quelques lames tranchantes. Puis une voix grave, puissante, qui imprime les tympans. L’humeur n’est pas aux légèretés : AinSophAur fait remonter à la surface les sentiments les plus douloureux. Le groupe chante notre enfer. Les morceaux réveillent nos blessures là où il dit panser les plaies, nous exhorte pourtant à ne pas baisser les bras alors que le découragement nous gagne.

Cela fait plus de vingt ans que le nom d’AinSophAur circule sur les scènes underground de la capitale française. Cinq hommes à l’origine, puis seulement deux à partir de 2005 : Phil, le chanteur, et Toy, guitariste et programmeur des parties samplées. Un bassiste est également mentionné sur les crédits discographique, mais semble ne jamais intervenir sur scène.

Deux hommes, donc, avec une guitare et un sampleur. Un minimalisme assumé qui force à développer l’énergie créatrice. L’humeur changeante des hommes est confrontée à la rigueur froide des machines. Aucune des deux parties ne lâche l’affaire. Un mariage sans compromis, une harmonie sur le fil du rasoir.

La musique d’AinSophAur s’inscrit dans la mouvance dark/cold-wave/gothique, mais elle n’aime rien tant qu’en emprunter quelques ingrédients venues de styles voisins, le rock traditionnel ou le métal, ou même plus éloigné comme le dub ou la techno. Chaque morceau y gagne une couleur unique, apportant paradoxalement sa différence à un ensemble très cohérent.

On reste aussi marqué par cette voix, profonde, douloureuse, toujours juste, qui pèse chacun des mots qu’elle emploie. AinSophAur puise ses mots dans la langue de Baudelaire. Ceux-ci, souvent chantés mais parfois simplement parlés, donnent une force indéniable aux émotions que le groupe veut transmettre à son auditoire.

En 2020, quand chacun de nous fut plongé dans les affres du confinement et des interdits, AinSophAur a publié trois titres en format numérique sur un EP virtuel, « Chants de ruines » publié par Flatliners Corp. Trois morceaux qui s’ajoutent à une discographie construite sur la longueur. Le premier album date de 2004, « Horsmen ov mentalis apocalypse« , un 7 titres (+ 2 live) sorti en autoproduction, puis réédité en 2007. Le deuxième, le magnifique « Des pierres blanches » sort en 2010 chez Manic Depression. Onze titres d’une grande qualité qui exposent les différentes facettes du groupe et donnent un objet très abouti.

Discographie

  • EP 3 titres « Chants de ruines » (2020 – Flatliners Corp. Production)
  • CD 11 titres « Des pierres blanches » (2010 – Manic Depression)
  • CD 9 titres « Horsmen ov mentalis apocalypse » (2004, réédité en 2007)

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