Angoulême, un peu, beaucoup… pas du tout

Les méandres de ma vie professionnelle m’ont un jour emmenées dans la cité d’Angoulême, au coeur de la Charente, le trou du cul du monde.

Même à mon pire ennemi, je ne souhaite pas de s’installer à Angoulême. 

Je peux l’écrire aujourd’hui quitte à me fâcher avec ceux qui furent mes voisins, mes collègues, mes amis : Angoulême m’a déçu, Angoulême m’a ennuyé, Angoulême m’a déprimé.

Angoulême est même parvenu à me faire regretter des villes comme Niort, Muret, Caen, la Roche sur Yon. Et même Saint-Brieuc, c’est dire…

C’est pourtant joli, Angoulême, avec ses remparts, son plateau, ses églises, sa sublime cathédrale, ses vieilles bâtisses. Ses murs recouverts de magnifiques fresques inspirées de la bande dessinée. Mais il est difficile de ne pas percevoir dans ces vieux murs sales de pollution une indéfinissable tristesse, une poisseuse mélancolie, une insondable envie d’en finir avec la vie.

Le soir, à Angoulême, il n’y a rien. Le centre-ville est aussi animé qu’un poisson mort. Le ciel est si bas qu’un canal pourrait s’y prendre. Il y a bien quelques endroits où une faible lumière indique que c’est encore ouvert, mais on n’y voit personne.

A Angoulême, le soir sonne dès la fin d’après-midi. L’Angoumoisin rentre chez lui très tôt : « Si tu n’as pas d’amis ici, c’est sûr, tu t’emmerdes… » me disait-on.

Il y a bien sûr ce festival de la bande dessinée, fin janvier, grâce auquel Angoulême esquisse un demi-sourire le temps d’un week-end. Mais une fois que les gribouilleurs de petits mickeys ont déserté la place, Angoulême retrouve son infinie tristesse, ce mortel ennui qui ne donne même pas envie de chanter.

Il n’y a qu’à Angoulême que j’ai pu me retrouver un soir absolument seul dans une salle de cinéma pour mater un bon film le jour de sa sortie.

Il n’y a qu’à Angoulême que la première personne avec qui j’ai conclu un rendez-vous était une psy.

Il n’y a qu’à Angoulême qu’en faisant appel aux taxis (les bus s’arrêtant de circuler à vingt heures), je me suis retrouvé à chaque fois ou presque avec le même chauffeur.

Il n’y a qu’à Angoulême que j’ai redouté l’heure de la débauche, préférant poursuivre mon job ennuyeux plutôt que d’avoir à traverser la ville pour rentrer chez moi.

Il n’y a que d’Angoulême que mes meilleurs souvenirs proviennent du cabinet d’un hypnothérapeute qui me remontait doucement le moral.

Ainsi, dès le premier jour, j’avais su que je quitterai rapidement Angoulême. Dès le premier jour, j’ai détesté Angoulême. Dès le premier jour, Angoulême l’a compris et me l’a bien rendu.

Adieu Angoulême. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça ne pouvait pas marcher entre toi et moi.

 

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