Mahal kita Cebu City

Les hasards de la vie professionnelle vous emmène parfois dans des endroits inattendus. Périple de trois mois à Cebu City, deuxième ville des Philippines.

Il faut d’abord prendre le pouls de la ville. Emprunter les trottoirs exigus, défier la chaleur et se mêler à la population pour tenter de capter son mode de vie. Se laisser porter par les sensations, les odeurs que dégagent les produits proposés par les marchands de rue : des mangues, des bananes, des ananas, du poisson séché…

Cebu City est une grande ville. On s’y déplace peu à pied, la chaleur décourageant le piéton téméraire. Le promeneur préfère le confort climatisé d’une taxi ou l’adrénaline de la moto zigzaguant dans le trafic. Ou encore, plus typique, le Jeepney, un de ces fabuleux mini-bus colorés et customisés qui sillonnent la ville. A l’intérieur, les quelques pesos à s’acquitter passent de main en main jusqu’au chauffeur. La monnaie emprunte le chemin adverse. Confiance absolue.

Cebu City (Philippines), 2017

La circulation en ville semble être un immense chaos. On double à droite, on emprunte la voie inverse, on coupe la priorité, on tente des demi-tours suicidaires, on klaxonne à qui mieux-mieux… Juste une impression : les conducteurs sont très calmes, ils roulent doucement et n’utilisent leur klaxon que pour signaler leur présence.

D’ailleurs, une des caractéristiques du Philippin (du Cebuano du moins) est sa tranquillité. Son visage est calme et semble ne jamais se mettre en colère. Le sourire est continuellement présent pour apaiser toute éventuelle tension. La vie n’est pas facile, pourquoi donc la compliquer avec mauvaise humeur ?

Le Philippin est joyeux. C’est peut-être dû à son goût particulier pour la chanson. L’habitant des Philippines chante à tout moment, et souvent juste. Il passe ses soirées dans les karaokés et la télévision regorge d’émissions musicales où les paroles s’inscrivent en sous-titre invitant à chanter en famille.

Il est temps de traverser la route. Du moins de l’envisager. Pour l’arrivant, c’est mission impossible. Vous pouvez attendre, aucun véhicule ne vous laissera passer. Curieusement, en dépit d’une gentillesse légendaire, il est rare en voiture comme à pied que le Philippin vous cède le passage. Sans animosité aucune. C’est ainsi : on passe le premier. L’Européen doit donc forcer sa nature et passer devant… Même avec les dames ?

Près d’une église rebondit une grosse balle orange, un peu dégonflée. Ici, lorsqu’il voit un ballon, le gamin n’est pas pris d’une irrésistible envie de shooter dedans. Il s’en empare à deux mains, lève la tête et cherche le cerceau où il tentera un dunk d’anthologie. Le basket semble être le sport-roi. Partout, le moindre espace est occupé par des gamins s’affrontant sous les paniers en rêvant sans doute un peu de NBA.

Le Philippin est très hospitalier. Il vous commande fréquemment de vous joindre à sa table. Les barbecues sont très festifs. Le riz est présent à tous les repas. On partage un verre, au sens propre. Vous pouvez également être conviés à un boddle fight. Le riz est posé sur d’immenses feuilles de bananiers, avec la viande ou le poisson. Et vous partagez le repas à la main, sans couvert. Une tradition militaire, m’explique-t-on.

Il me reste encore tant à découvrir des Philippins et de leur mode de vie. La découverte d’un pays, c’est d’abord le passage obligé du touriste, ces endroits qu’il convient de visiter sous peine de passer pour un oublieux : Bohol, Moalboal, leur soleil, leurs plages magnifiques, leurs soirées en douceur. Une fois passé ce cap, il faudra devenir un véritable expat et profiter des bonheurs qu’offre ce pays si particulier.

Pour un prochain billet peut-être.

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