Lucky Luke

Les promesses du cowboy solitaire

La cent-dix-septième histoire de Lucky Luke, « La terre promise » de Jul et Achdé (2016, Lucky Comics) affiche résolument son intention de revenir aux fondamentaux de la série. Une initiative prometteuse.

Et si Jul nous redonnait l’envie de lire Lucky Luke ? L’auteur de « Silex and the City » est le vingtième scénariste de l’histoire du poor lonesome cowboy et semble bien décidé à réhabiliter une série en perte de vitesse. Passé dans plusieurs mains depuis la disparition de Goscinny en 1977, le scénario des aventures de Lucky Luke a souvent peiné a retrouver la finesse et l’esprit que lui avait donné le duo historique.

Avec « La Terre promise » (Lucky Comics) sorti fin 2016, à l’occasion du 70e anniversaire de la création du personnage, Jul a décidé de revenir à quelques principes qui avaient fait le succès du cow-boy solitaire. Première décision : se passer des frères Dalton, personnages essentiels mais pas indispensables. Ensuite, imaginer une épopée dans l’Ouest américain à la façon des grands classiques de la série « La Diligence« , « Des rails sur la prairie« , « Les Collines noires« , « Le Grand Duc« , « Le Fil qui chante » ou même « Sarah Bernhardt« . Enfin, mettre en scène des personnage complètement décalés par rapport au far-west, à l’image de Waldo Badmington (« Le Pied Tendre« ), Leonide de Russie (« Le Grand Duc« ) ou Otto von Himbeergeist (« La guérison des Dalton« ).

Jul imagine donc une histoire où Lucky Luke serait chargé d’escorter une famille juive en route vers l’Ouest. Un choix qui surprend tant le sujet de la religion est sensible à notre époque. Mais le scénariste tient à jouer avec les clichés pour les tourner en dérision. C’était d’ailleurs la grande force de Goscinny tant avec Lucky Luke qu’avec Astérix.

Ainsi le convoi traverse-t-il de longues et vertes prairies, des villes aux saloons emplis de despérados, des rivières dont le pont inévitablement a été détruit, un canyon, un désert, une réserve indienne où comme par hasard la tribu est sur le sentier de la guerre, sans oublier les inévitables bandits à la poursuite du convoi. Le cahier des charges est bien rempli. L’agrégé d’histoire qu’est Jul n’hésite pas à ajouter quelques clins d’oeil à la culture juive, certains assez pointus, d’autres plutôt osés. On note aussi le recours à de nombreux jeux de mots, ce qu’historiquement Morris refusait à Goscinny.

« La terre promise » n’atteint pas les sommets de la période dorée de la série, mais après de longues années où les scénaristes voulaient faire de Lucky Luke une simple BD parodique, la première histoire scénarisée par Jul affiche, comme son titre l’indique, de belles promesses.

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